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Combien d'espèces sont en péril en France ? Le bilan de la Liste rouge nationale

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Combien d'espèces sont en péril en France ? Le bilan de la Liste rouge nationale

Sur 17 367 espèces évaluées en France, 2 903 sont menacées de disparition, soit 16,7 %, et 189 ont déjà disparu : ces chiffres de la Liste rouge nationale, publiés le 29 février 2024 par le Comité français de l'UICN et le Muséum, mesurent l'état de la biodiversité en métropole et en outre-mer.

Quels chiffres sur les espèces menacées en France ?

Le bilan des espèces menacées en France repose sur seize ans d'évaluations menées depuis 2008 selon les critères de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) a dressé son bilan le 29 février 2024 : 17 367 espèces évaluées, 2 903 classées dans une catégorie de menace, soit 16,7 % du total, et 189 espèces disparues ou éteintes. Plus de 3 200 espèces restent en « données insuffisantes », près d'une espèce sur cinq : pour elles, les experts ne disposent pas d'assez d'observations pour trancher.

Ce travail mobilise plus de 500 experts et 32 partenaires. Il est coordonné par le Comité français de l'UICN et l'unité PatriNat, qui associe le MNHN, l'Office français de la biodiversité (OFB), le CNRS et l'IRD. Les résultats de chaque chapitre sont consultables sur l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), la base de référence tenue par le Muséum.

  • 17 367 espèces évaluées (bilan MNHN, février 2024) ;
  • 2 903 espèces en péril, soit 16,7 % ;
  • 189 espèces disparues ou éteintes ;
  • plus de 3 200 espèces aux données insuffisantes.

Le chiffre de 16,7 % reste un plancher : une partie des espèces mal connues se révélera en déclin quand les inventaires progresseront.

Comment évaluer les espèces menacées ? La méthode de l'UICN

Une évaluation de Liste rouge classe chaque espèce dans une catégorie à partir de critères chiffrés : réduction de la population, taille de l'aire de répartition, nombre d'individus matures, fragmentation. Trois catégories forment l'ensemble des espèces à risque : « vulnérable » (VU), « en danger » (EN) et « en danger critique d'extinction » (CR). Viennent ensuite « quasi menacée » (NT), « préoccupation mineure » (LC) et « données insuffisantes » (DD), puis les statuts des espèces disparues.

La liste rouge nationale applique ces critères au seul territoire français : une espèce commune à l'échelle du globe peut se raréfier en France si ses populations y reculent. Chaque chapitre (un ensemble d'espèces, un territoire) réunit des spécialistes autour des données de terrain, puis le résultat est validé par l'UICN France. Les chapitres sont révisés tous les cinq à dix ans environ, ce qui permet de suivre l'évolution du risque d'extinction chapitre après chapitre.

Ce statut de conservation sert d'indicateur aux pouvoirs publics : il oriente les plans nationaux d'actions, la désignation des espaces protégés et la gestion des milieux naturels.

Quelles espèces sont menacées en France métropolitaine ?

En France métropolitaine, la part d'espèces à risque varie fortement selon les taxons. Les oiseaux nicheurs arrivent en tête avec 32 % dans le chapitre de septembre 2016, suivis des crustacés d'eau douce (28 %, juin 2012). Les mammifères affichent 14 % (novembre 2017), les poissons d'eau douce 19 % (juillet 2019) et 15 % des orchidées de la flore vasculaire sont en péril (décembre 2018).

Taxon (métropole)Part d'espèces en périlChapitre
Oiseaux nicheurs32 %septembre 2016
Crustacés d'eau douce28 %juin 2012
Reptilesun sur quatreseptembre 2026
Amphibiensprès d'un sur cinqseptembre 2026
Poissons d'eau douce19 %juillet 2019
Mammifères14 %novembre 2017
Orchidées (flore vasculaire)15 %décembre 2018

Chez les mammifères, le vison d'Europe figure parmi les cas les plus graves : au stade le plus grave (CR), il ne subsiste plus que dans quelques bassins du Sud-Ouest et bénéficie d'un plan national d'actions. Le recul des populations d'oiseaux se lit aussi hors de la Liste rouge, dans les comptages annuels : le déclin des oiseaux communs en France touche surtout les espèces des milieux agricoles.

Le tableau compare des chapitres d'âges différents : un chiffre de 2012 ne dit rien de la situation actuelle des crustacés, d'où l'intérêt des révisions.

Reptiles et amphibiens : la mise à jour de septembre 2026

La nouvelle liste rouge des reptiles et amphibiens de France hexagonale, publiée en septembre 2026 par l'UICN France, PatriNat et la Société herpétologique de France, porte sur 76 espèces. Près d'un amphibien sur cinq et un reptile sur quatre y sont jugés en péril ; avec les espèces proches des seuils (NT), plus de la moitié des amphibiens et plus du tiers des reptiles sont concernés.

La précédente version, de 2015, comptait neuf reptiles sur 38 et huit amphibiens sur 35 dans les catégories de menace. Le lézard d'Aurélio, endémique des Pyrénées, passe au statut EN ; le sonneur à ventre jaune et la rainette ibérique sont « vulnérables ». Le rapport cite la dégradation des habitats, les incendies et le changement climatique : la hausse des températures pousse les espèces sensibles à la chaleur à monter en altitude, jusqu'à manquer de place sur les sommets. Ces animaux relèvent de l'herpétologie, la science des reptiles et des amphibiens, dont les naturalistes bénévoles fournissent une grande partie des observations.

L'outre-mer, cœur de la biodiversité française

L'outre-mer concentre l'essentiel des espèces endémiques du pays et une large part des espèces en péril. À La Réunion, plus d'un tiers des oiseaux sont en péril ou déjà disparus, 33 % des poissons d'eau douce et 41 % de la flore sont en péril. La flore de Mayotte atteint 43 %, les reptiles de Martinique 47 %, et 15 % de la flore de Guadeloupe (fougères et plantes à fleurs) est en péril.

En Guyane, 13 % des oiseaux et des poissons sont concernés, ainsi que 16 % des mammifères marins. Les chapitres les plus récents couvrent les lézards et la flore vasculaire de Nouvelle-Calédonie (décembre 2024) et la flore des Kerguelen (avril 2024). Les îles cumulent les facteurs de risque : aires de répartition minuscules, espèces exotiques envahissantes, urbanisation du littoral et pression sur les espèces de la mer et des récifs.

Ce poids de l'outre-mer explique la place de la France parmi les pays qui hébergent le plus grand nombre d'espèces menacées de la liste rouge de l'UICN au niveau mondial.

Quels sont les dangers pour les espèces ?

Les pressions sur la faune et la flore en France tiennent d'abord à la destruction et à la dégradation des habitats : artificialisation des sols, drainage des zones humides, intensification agricole, fragmentation par les routes. Viennent ensuite les espèces exotiques envahissantes, la pollution des cours d'eau, la surexploitation de certaines ressources et le changement climatique, dont les effets s'additionnent aux autres pressions.

Chaque chapitre de la liste rouge nomme les menaces propres aux espèces qu'il couvre : incendies et réchauffement pour les reptiles, assèchement des mares pour les amphibiens, barrages et qualité de l'eau pour les poissons d'eau douce. Les effets du réchauffement sur la faune et la flore se mesurent déjà dans les décalages de floraison et de migration, et dans le déplacement des aires de répartition vers le nord ou en altitude.

Comment protéger les espèces menacées ?

La protection des espèces menacées en France passe par plusieurs outils complémentaires. Les plans nationaux d'actions (PNA) organisent, pour une espèce ou une famille, le suivi des populations, la restauration des milieux et la sensibilisation : le vison d'Europe, le sonneur à ventre jaune ou les chiroptères en bénéficient. Le réseau des aires protégées (parcs nationaux, réserves naturelles, sites Natura 2000) encadre la gestion des espaces les plus riches.

Le statut d'espèce protégée, fixé par arrêté, interdit la capture, la destruction et la perturbation des individus, et souvent la dégradation de leur habitat. Les données de la liste rouge éclairent ces choix : une espèce au statut CR appelle une action rapide. Chacun peut aussi contribuer par les sciences participatives, en transmettant ses observations aux atlas régionaux, ou en gardant une mare et une haie au jardin. Les enjeux de la conservation des milieux et de l'écologie dépassent la seule liste des espèces : protéger un habitat profite à tout le cortège qui y vit.

Espèces menacées en France et dans le monde : ce que disent les chiffres

À l'échelle du globe, la liste rouge mondiale de l'UICN dépasse 48 000 espèces menacées dans sa mise à jour d'octobre 2025, sur plus de 170 000 espèces évaluées. Ce chiffre progresse à chaque version, surtout parce que de nouveaux groupes entrent dans l'évaluation, et pas seulement parce que la situation se dégrade.

Espèce menacée
Espèce classée VU, EN ou CR selon les critères de l'UICN.
Espèce quasi menacée
Espèce proche des seuils, qui pourrait basculer sans mesure de conservation.
Données insuffisantes
Espèce que les scientifiques ne peuvent pas classer faute d'informations suffisantes.

Comparer la France au reste du monde demande de la prudence : la liste rouge nationale mesure le risque de disparition du territoire, la liste mondiale le risque d'extinction totale. Une espèce peut donc être en péril en France et classée en « préoccupation mineure » à l'échelle de la planète.

Liste rouge en France : chiffres, mise à jour et sources

Combien d'espèces ont disparu en France ?

Le bilan du Muséum publié en février 2024 recense 189 espèces disparues ou éteintes sur le territoire français, en métropole et en outre-mer. Certaines ont disparu de France mais vivent encore ailleurs, d'autres sont éteintes partout.

Où consulter le statut d'une espèce ?

La fiche de chaque espèce sur l'INPN, le portail du Muséum, indique son statut dans la liste rouge nationale et dans les listes régionales. Le site de l'UICN France publie les rapports de chaque chapitre et leur actualité.

À quelle fréquence la liste rouge est-elle mise à jour ?

Chaque chapitre se révise environ tous les cinq à dix ans : celui des reptiles et amphibiens de métropole, de 2015, a fait l'objet d'une nouvelle évaluation en septembre 2026.

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